« Bien sûr que devenir comportementaliste chat est un métier de rêve, c’est pour ça que je me lancer ! ».

Hep, hep, hep, Monique ! Avant de te précipiter, et si tu me laissais te dévoiler les dessous du métier ?

Aujourd’hui, j’ai envie de me confier à toi en toute transparence.

Allez, je vais te spoiler un peu. Il est temps de t’expliquer un peu la vérité sur ce métier de plus en plus convoité lors de vos reconversions professionnelles.

Le but ici n’étant pas de te démotiver, loin de là, mais de te préparer à ce qui peut t’attendre. En positif, comme en négatif.

Sommaire

  1. Qu’est-ce qu’un comportementaliste félin ou comportementaliste chat ?
  2. Devenir comportementaliste chat : formations et diplômes
  3. Les points positifs à être comportementaliste chat
  4. Les points négatifs quand on est comportementaliste félin en micro-entreprise

Conclusion

1. Qu’est-ce qu’un comportementaliste félin ou comportementaliste chat ?

C’est un professionnel qui s’occupe d’accompagner avec respect les adoptants et leurs chats vers une meilleure compréhension commune.

Le but principal est que l’humain puisse ensuite répondre aux besoins naturels de son chat en toute autonomie et bienveillance.

Il est important que cette cohabitation se passe au mieux et que chacun y trouve sa place. Ce n’est pas la maison du chat, mais « votre » maison.

Nos conseils et astuces sont basés non pas sur du vent brassé venu tout droit d’Internet. Mais directement de la science que l’on appelle l’éthologie.

L’éthologie est la science qui étudie le comportement des êtres vivants, ici : les chats.

Grâce aux études scientifiques des précédentes années, nous sommes en mesure, d’émettre des hypothèses sur les causes de leurs comportements.

Ainsi, nous pouvons apporter des solutions rapides et efficaces à leurs humains, bien souvent désemparés par la situation.

Nous ne sommes pas dans leurs têtes, ni dans leurs pensées, alors il est impossible de certifier à 100% l’exactitude d’un comportement.

Néanmoins, ces pistes d’observations nous amènent toujours vers un schéma comportemental quasi répétitif. Qui nous permet d’ajuster à chaque fois nos conseils afin qu’ils correspondent parfaitement aux besoins du chat.

Précision : Nous ne sommes pas des psychologues pour félins domestiques ! Non, non, non.

2. Devenir comportementaliste chat : formations et diplômes

Devenir comportementaliste félin formations et diplômes

Devenir comportementaliste chat apparaît comme un métier de rêve mais c’est un peu plus compliqué que ça.

Pour te former, tu vas avoir le choix entre divers organismes de formation (en ligne/en présentiel). Certains très sérieux et d’autres pas du tout.

Renseigne-toi bien en amont. Sur le contenu des cours ? Qui sont les formateurs ? Comment ça fonctionne ? Comment se passe le suivi ensuite ? etc.

Essaye vraiment de faire tes propres recherches par toi-même. Être à son compte va te demander d’être multi casquette et de devoir gérer beaucoup de choses seul(e).

Alors autant commencer par être autonome dès le début le plus possible. Ça t’aidera pour la suite (vraiment).

J’ai encore vu la semaine dernière un réel sur Instagram. Une jeune femme disait : « Tu as dépensé 2500 € dans une formation pour devenir comportementaliste éducateur ? Moi j’ai dépensé que 200 € ! Et pour le même contenu ! Alors lance-toi comme moi avec l’école X en ligne ».

Euh. FAUX. Le même contenu ? J’en doute. Ou encore un contenu volé ou je ne sais quoi.

Ne te lance pas et fuis en courant à toute vitesse, Monique. Si tu dois te remettre au footing, c’est maintenant !

Blague à part, avec ce genre de formation, tu vas certes économiser beaucoup d’argent.

Mais tu vas te retrouver avec un contenu de formation médiocre, pas à jour du tout, 0 suivi ou aucune aide par la suite. Ou une aide du genre : moins j’en fais, mieux je me porte.

Être comportementaliste animalier, c’est aussi se former en continu. Tout au long de sa carrière sur l’espèce en question et remettre ses connaissances à jour, améliorer ses lacunes…

Donc des formations, tu devras en faire (dans l’idéal). Tu peux, si tu veux, faire une seule formation et t’en contenter à vie. Mais je te déconseille d’agir de la sorte, si tu veux devenir un super pro dans ce domaine.

Et puis, les gens s’en rendront compte et tes collègues aussi ! Malheureusement, les yeux sont partout !

La qualité de ton travail s’en fera ressentir et tu risques aussi d’avoir beaucoup d’échecs avec tes clients si tu te trompes, ou pire !

Si tu mets en danger la vie de l’animal. « Bon, ses conseils n’ont pas fonctionné avec cette comportementaliste-là, alors il ne reste plus qu’à l’euthanasier comme me l’a dit mon vétérinaire ! ».

Aïe ! Heureusement, il y a de supers vétérinaires, mais il y en a d’autres qui n’hésiteront pas à suggérer cet acte ☹.

Durant ta formation, tu devras peut-être rédiger un mémoire sur un sujet de ton choix. Passer ensuite des examens, obtenir l’ACACED pour pouvoir exercer légalement. Une fois ton certificat en poche, tu pourras te lancer correctement.

En comportement félin, il n’existe pas de réel diplôme comme pour ton baccalauréat, BTS ou autre.

C’est un certificat qui atteste que tu as bien suivi la formation et que tu es en droit d’exercer.

Les choses commencent à bouger doucement à ce niveau, mais ça prend un peu de temps pour être reconnu comme « vraie formation ».

3. Les points positifs à être comportementaliste félin

Point positifs au métier de comportementaliste félin
  • C’est un métier d’accompagnement humain. Si tu adores les animaux (surtout les chats) et la psychologie humaine, ce métier est fait pour toi. En réalité, on échange surtout avec les adoptants. Pas vraiment avec le chat (il ne parle pas, alors il ne va pas nous expliquer ce qui lui arrive, c’est dommage, je sais). C’est l’humain qui va t’expliquer la situation dans laquelle il se trouve. La façon dont cela l’impact émotionnellement au quotidien et quels sont les comportements problématiques de son chat. Tu n’es pas psychologue, chacun son métier. mais tu vas pouvoir apporter un soutien moral et le guider sur le bon chemin. C’est vrai que c’est gratifiant. Tu peux aussi intervenir en prévention pour aider à préparer une nouvelle adoption, un déménagement ou l’arrivée d’un bébé par exemple.
  • Être entouré de chats. Tu vas côtoyer dans ce métier plein de chats, que ce soit les tiens ou ceux de tes clients. Cool, hein ? Une grosse dose de câlins est assurée. Attention à respecter quand même leur espace vital, sinon gare aux griffures !
  • La joie, grâce à tes précieux conseils, de voir apparaître des sourires sur des visages qui étaient crispés ou tristes par le désespoir. Selon les périodes, j’ai parfois des personnes qui se mettent à pleurer durant le rendez-vous. Ne sachant plus comment se sortir de la situation qu’elles vivent. Quoi de mieux que de se sentir utile en les rassurant ? L’objectif n’est pas de leur jouer de la flûte non plus pour leur faire plaisir.
  • La liberté de pouvoir gérer ton planning comme bon te semble selon ta santé et tes besoins. Un rendez-vous à décaler parce que tu es malade ? C’est possible ! Un autre rendez-vous à prendre chez le dentiste, tu le mets quand tu veux… Tu t’organises, et ça c’est trop bien ! Si tu es plutôt du matin ou de l’après-midi, c’est toi qui vois.
  • Tu es ton propre patron et tu prends des décisions. Fini les mauvaises expériences en salariat avec un boss mal poli qui te dit à peine bonjour le matin quand il arrive.
  • Tu peux avoir ton propre bureau ou ta zone dédiée au travail. Personnellement, c’était mon rêve ! Et c’est fait. J’en suis ravie, plus d’espace au calme pour pouvoir travailler sans être dérangé ! Yaaay ! Et puis tu mets la décoration que tu veux.
  • Une meilleure compréhension de ton propre chat : grâce à ce métier, tu vas pouvoir résoudre (normalement) tout seul(e) les problématiques ou incompréhensions que tu rencontres chez toi avec ton chat. Il fait pipi ? Je sais quoi faire ! Il m’a mordu la main ? Je sais pourquoi ! Pratique, n’est-ce pas ?
  • Des possibilités d’évolutions multiples. Devenir comportementaliste chat permet de voir plus large, tu peux y greffer d’autres métiers comme être cat-sitter, pension, éleveur, nutritionniste félin, éthologue, ASV, créateur… à toi de voir quelles sont tes motivations, ton budget et tes propres limites. Ce que tu veux que l’on retienne de toi. C’est bien d’avoir des préférences, mais ne pas s’y perdre en faisant tout et n’importe quoi en même temps. Si tu as envie de passer à la radio, dans un journal local, d’avoir un blog, de continuer à te former dans divers thèmes, tout est (presque) possible !

  • De superbes rencontres avec des personnes qui aiment la même chose que toi. Tu vas pouvoir échanger avec plein de personnes qui ont des métiers différents mais qui ont la même passion : les chats !

4. Les points négatifs quand on est comportementaliste félin en micro-entreprise

Points négatifs en micro-entreprise
  • Un métier encore peu connu. « Je connais les éducateurs canins pour les chiens, mais pour les chats, ça existe ? ». Tu vas souvent entendre cette question.
  • Être uniquement comportementaliste félin. Il est compliqué, voire impossible de nos jours d’exercer en ne proposant QUE des consultations en comportement félin. Pour vivre pleinement de ce métier, c’est un peu le parcours du combattant et ça rejoint le point précédent. Vu que ce n’est pas très connu, il faut redoubler d’efforts pour se faire connaître et fidéliser sa clientèle d’une façon ou d’une autre. Je te conseille de garder un emploi à mi-temps à côté ou d’être soutenu par une personne qui pourra t’aider financièrement au début.
  • Certains vétérinaires ou professionnels qui vont te regarder de travers. Tu vas forcément vouloir te présenter au début à tous les professionnels du secteur pour te faire connaître. Dommage de ne garder que pour toi tes beaux flyers tout neufs ? C’est bien normal et c’est une super idée ! Mais tu vas devoir faire face à certaines personnes sceptiques et rigides qui ne voudront rien savoir de toi, qui ne croiront pas en toi et qui te diront que ton métier, c’est du bullshit. « Encore un vendeur de tapis ! ». Ça fait partie du jeu, Monique ! Allez, ressaisis-toi ! Il y a aussi de supers vétérinaires qui seront heureux de collaborer avec toi.
  • Des proches qui pensent que tu es en vacances toute l’année. Famille, amis qui risquent de te sortir : « ah, tu travailles ? ». Je te vois grincer des dents ! C’est un métier passionnant, alors au début, on gagne des cacahuètes et on ne fait pas grand-chose de folichon. Vraiment, c’est normal et il ne faut pas culpabiliser pour ça. On va dire que tu peux commencer par gagner 500 € en tant que débutant, puis si tu t’en sors bien, tu peux espérer gagner un chiffre d’affaires de 1300 € brut, puis plus encore par la suite ! Tout dépend de comment tu gères ton activité dans son ensemble.
  • Accepter que certaines personnes ne mettent pas tous tes conseils en pratique. Malgré toute ta bonne volonté et ton sens pédagogique accru. Ça peut être pour des raisons personnelles, par croyance ou simplement par flemme. Tu veux aider les chats, mais cela passe d’abord par l’investissement de leur humain. Et certains ne sont parfois pas prêts, même s’ils t’écoutent et te disent : « oui, d’accord ». Tu n’y peux rien, il faudra l’accepter et savoir passer au-dessus. Ou alors faire un petit rappel, mais avec tact ! En gros, tu ne pourras pas régler tous les problèmes du monde, tous les abandons, les euthanasies, c’est triste mais c’est comme ça.
  • Un salaire non fixe qui fait le yoyo. ton CA changera tous les mois, un coup tu peux te faire 200 € et le mois suivant 1 500 €. C’est le jeu ma pauvre Lucette !
  • Devoir payer ses cotisations mensuelles à l’URSSAF ou autres taxes. Ca va devenir ton meilleur ami, chaque mois ou ton pire cauchemar. Tu vas devoir lui justifier ce que tu touches comme chiffre d’affaires (CA) et il va te prendre un peu d’argent dessus. Pas de panique. Si comme moi tu pédales dans la semoule au niveau des démarches administratives pour ouvrir ta micro-entreprise et l’entretenir, je te conseille vivement de voir avec LA MICRO BY FLO. Épluche en détail ses vidéos Youtube, son blog ou prends carrément rendez-vous. Ça peut vraiment te sauver la mise pour éviter de faire des bêtises et de mettre ton argent au mauvais endroit.
  • Se sentir seul(e). Tu vas devoir trouver des idées par toi-même, tout le temps, et te renouveler pour rester à la page et efficace car tu travailles seul(e). Il est tout à fait possible de se faire accompagner ou de travailler avec quelqu’un, si ce n’est pas une idée qui te plaît. À toi de voir comment tu peux t’organiser, mais c’est un peu compliqué au début. Essaye de trouver une oreille attentive qui pourra te soutenir et t’écouter en cas de besoin. Parfois, ton conjoint(e) en a marre de t’entendre râler, rabâcher toujours les mêmes choses, ou alors il/elle ne comprend carrément pas ce que tu essaies de lui expliquer. Et on ne peut pas vraiment lui reprocher ça…
  • Les déboires avec l’administration française à gérer. URSSAF, INPI, CMA et tout le tralala… qui ne sait pas sous quel intitulé te placer pour que 3 ans plus tard tu découvres qu’on t’a placé sous la catégorie « Laverie automatique » dans ton activité annexe. Et qui, quand tu cherches des solutions auprès de 3 conseillers au téléphone, t’envoie bouler ou te dirige vers une mauvaise adresse email de contact pour finalement ne pas apporter de réponses à ton problème. Parce qu’elles ne savent pas ! J’essaye actuellement de transférer mon dossier entreprise vers une autre adresse car je viens de déménager et mon dossier sous Guichet Unique est bloqué et tout le monde se passe la balle. Bon courage !
  • Gérer les montagnes russes émotionnelles. Être à son compte en tant que comportementaliste félin, c’est aussi avoir des hauts et des bas (comme pour d’autres métiers d’ailleurs). Un jour tu es au top, tu as eu plein d’idées géniales, tu as une tonne de rendez-vous alors tu pètes le feu ! Vive la vie !! Et la semaine suivante plus rien ne va. Tout le monde a déserté, personne ne prend rendez-vous, tes factures s’accumulent et tu paniques. Tu restes au fond de ton lit complètement démotivé ayant perdu le goût de tout à te demander : « Pourquoi moi !? Est-ce que j’ai fait une connerie avec ma reconversion ? Je suis trop nul(le), j’en ai trop marre ! Les autres sont mieux que moi… » = lit, pleures, trucs gras à manger devant la télévision en scrollant ton téléphone voir si un email de rendez-vous arrive. Bref, une vraie journée de nana dépressive. Puis 15 jours après, c’est à nouveau le feu et tout va pour le mieux. Il est bon de savoir que ton planning et tes journées ne seront jamais les mêmes. Être à son compte, c’est prendre des risques financiers. Il est conseillé tout de même d’attendre 3 à 4 ans pour se faire une idée du potentiel d’une entreprise en suivant son évolution. Alors, zen, tu as encore un peu de temps devant toi, sans doute.
  • Être à son compte, c’est se poser mille questions à la journée (et à la nuit). C’est avoir un cerveau actif 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. « ah bon, on est dimanche ? j’avais oublié, quel jour on est déjà ? Mince je dois faire ma compta. J’ai cet article à rédiger aussi et mon compte rendu et et et et et … ». Les jours fériés, les week-ends peuvent vite passer à la trappe si tu n’y fais pas attention et si tu es concentré(e) sur ton travail. C’est bien d’être passionné(e), mais il faudra trouver une limite raisonnable entre ton travail et ta vie personnelle pour ne pas devenir gaga. Faire des pauses à ton cerveau en gros. Prendre l’air le plus possible. Parfois, on a besoin d’argent, alors on veut travailler sans relâche, mais est-ce que c’est vraiment bien au détriment de sa santé et de son bien-être mental ? À méditer.

  • Risquer des insomnies tant qu’on n’a pas mis notre idée en place. Même si c’est à 3h du matin. On ouvre son PC et on s’exécute, sinon, tant que ce n’est pas fait, impossible de trouver le sommeil. Oui, tu vas peut-être passer par là toi aussi. Le nombre d’heures passées à cogiter devant mon écran, à apporter des modifications pour finalement tout effacer 15 jours après et se dire « Ce truc, ça ne fonctionne pas ! Alors que j’aurais pu faire autre chose… Bon, au moins j’aurai essayé ». Dit la nana qui essaie de se rassurer.
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Certains points précédents peuvent te paraître très négatifs. Tu as peut-être même pensé : « mais en fait, c’est pour nous décourager de devenir comportementaliste félin qu’elle nous dit ça ? Elle a peur de la concurrence peut-être ? ».

Pas du tout ! C’est simplement une réalité, des étapes par lesquelles nous passons tous en exerçant à notre compte.

En plus, je dirais qu’ils peuvent également avoir un aspect tout à fait positif (sauf l’administration, là, y’a pas photo).

C’est aussi prendre confiance en soi, passer à une version 2.0 améliorée sans forcément s’y attendre.

Il faut avoir du courage pour être son propre patron et faire face à toutes les difficultés rencontrées.

Être comportementaliste félin, c’est aussi être multi casquette : gérer la comptabilité, sa communication, sa publicité, son site internet, ses rendez-vous, le service après-vente. On fait 36 métiers en même temps. Alors oui, c’est un casse-tête parfois.

Comme en ce week-end, au moment où je rédige cet article avec amour. Je suis triste et je n’ai pas trop le moral, mais je sais que ça reviendra.

Comme d’habitude, il faut un peu de pluie pour nourrir la terre et ensuite pouvoir apprécier le retour du soleil.

Je me dis que c’est en tirant profit de ces moments sombres qu’on peut se poser pour faire du tri : garder ce qui nous convient et laisser ce qui ne nous convient plus, afin de faire les meilleurs choix pour notre bien-être.

J’adore mon métier, et même si c’est parfois un peu compliqué selon les périodes, je ne veux rien lâcher 😊. Alors, si tu te sens prêt(e) à relever le défi : Fonce !

Avec tous mes encouragements.

 

Mis à jour le : 23.09.2023